Bouilloires thermiques : pourquoi un bon DPE ne garantit pas un logement frais en été
Un logement peut être bien classé au DPE et pourtant devenir très inconfortable pendant une canicule. Une étude portant sur près de 9 millions de DPE montre qu’un logement bien classé énergétiquement peut malgré tout être mal adapté aux fortes chaleurs.
Ce que montre l’étude sur les logements analysés.
Précision sur l’étude : Pouget Consultants et IGNES ont analysé près de 9 millions d’indicateurs de confort d’été issus de la base DPE de l’ADEME. Les auteurs précisent que les résultats n’ont pas été redressés pour représenter statistiquement l’ensemble du parc résidentiel français. Ils permettent en revanche d’observer des tendances importantes dans les DPE étudiés.
1. Un logement bien classé peut être inconfortable en été
L’étude Pouget Consultants–IGNES a analysé près de 9 millions d’indicateurs de confort d’été issus de DPE enregistrés dans la base ADEME.
Parmi les logements analysés, environ un sur dix est suffisamment adapté aux fortes chaleurs. À l’inverse, près d’un logement sur deux présente un indicateur de confort d’été insuffisant.
Le constat concerne aussi les logements les mieux classés énergétiquement : environ un tiers des logements classés A ou B analysés présentent malgré tout un indicateur de confort d’été insuffisant.
Le DPE comporte un indicateur spécifique de confort d’été. Un logement classé A ou B peut donc malgré tout présenter un confort insuffisant lorsqu’il fait très chaud. L’exposition, les protections solaires, la ventilation, l’inertie du bâtiment et la configuration du logement jouent notamment un rôle important.
L’étude insiste notamment sur les protections solaires extérieures. Une grande baie vitrée exposée au sud ou à l’ouest sans volet, store extérieur ou autre occultation peut recevoir beaucoup de soleil pendant plusieurs heures.
Une bonne isolation reste évidemment utile. Associée à des protections solaires adaptées, à une ventilation efficace et à une conception cohérente du logement, elle peut également contribuer au confort pendant l’été.
2. DPE et confort réel : deux logements peuvent réagir très différemment
Les logements classés F ou G peuvent subir une décote sur le marché, notamment lorsque des travaux importants sont nécessaires ou lorsque le bien doit être loué. Mais cette décote n’est pas automatique : elle dépend de l’adresse, du logement, de la copropriété et du coût réel des travaux.
J’explique plus précisément le calendrier réglementaire dans mon analyse sur les logements classés F concernés par le DPE en 2028 .
Dans certains immeubles anciens, l’épaisseur des murs, la pierre et les volets extérieurs peuvent limiter les variations rapides de température.
De grandes surfaces vitrées exposées au soleil sans occultation extérieure peuvent entraîner une surchauffe importante, même avec une bonne classe énergétique.
Il ne faut donc pas opposer systématiquement l’ancien au neuf. Un logement ancien mal ventilé peut être très chaud et un logement récent correctement conçu peut rester confortable.
3. À Paris, le confort d’été devient un critère à regarder de près
Le sujet est particulièrement important à Paris. L’étude relève que dans certains territoires très exposés aux îlots de chaleur, dont Paris, plus de la moitié des logements analysés présentent un indicateur de confort d’été insuffisant.
Pour un acheteur parisien, il est donc utile de regarder l’étage, l’exposition, la présence de volets ou de stores extérieurs, la possibilité de créer une circulation d’air et la quantité de soleil qui entre directement dans le logement.
Un dernier étage sous toiture, un appartement exposé plein ouest ou un logement doté de grandes surfaces vitrées ne réagira pas de la même manière qu’un appartement traversant, protégé du soleil et permettant une ventilation nocturne efficace.
Je le constate également pendant les visites. Les acheteurs posent davantage de questions sur le comportement du logement en été : Le logement est-il traversant ? Y a-t-il des volets ? Quelle est l’exposition ? Le soleil entre-t-il directement l’après-midi ? Peut-on ventiler facilement la nuit ?
Pour un appartement sous les toits, exposé ouest ou très vitré, ces caractéristiques peuvent aussi entrer dans l’appréciation du bien et de sa valeur.
Le diagnostic ne s’arrête pas à une lettre.
Sur place, je regarde notamment l’exposition, les vitrages, les protections solaires, la ventilation, la configuration des pièces et l’environnement immédiat.
4. Les 5 points à regarder lors d’une visite
Une exposition sud ou ouest demande une attention particulière aux heures où les apports solaires sont les plus importants.
Volets, stores extérieurs, persiennes, arbres ou ombrages peuvent limiter fortement l’entrée directe du rayonnement solaire.
La nature et l’épaisseur des murs influencent la vitesse à laquelle le logement monte en température et restitue la chaleur.
Deux façades opposées ou une bonne circulation d’air permettent plus facilement d’évacuer la chaleur lorsque la température extérieure baisse.
Végétation, cour, rue très minérale, toiture, étage élevé ou proximité d’un espace vert peuvent modifier sensiblement le confort ressenti.
Pourquoi certains logements deviennent des bouilloires thermiques.
Le DPE, l’exposition, les vitrages, les volets et la ventilation : les principaux critères à regarder lorsqu’on visite un logement en période de fortes chaleurs.
Vous achetez ou vous vendez un logement ?
Je peux analyser le bien au-delà de sa seule lettre DPE : emplacement, exposition, étage, lumière, confort d’été, état, copropriété et ventes comparables autour de l’adresse.