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La Grande Transmission · Chapitre 4

Tous les logements ne se vendront pas aussi facilement.

Si davantage de logements arrivent à la vente dans les prochaines années, ils ne rencontreront pas tous les mêmes acheteurs. L’adresse, l’état du logement, les travaux à prévoir et le prix demandé feront une vraie différence.

À Paris, quelques centaines de mètres, un étage ou un manque de lumière peuvent déjà changer la façon dont un appartement se vend. Dans certaines communes où les acheteurs sont beaucoup moins nombreux, l’écart peut être encore plus important.

Nicolas Jeffs
Nicolas Jeffs Agent immobilier à Paris & en Île-de-France Mis à jour le 22 septembre 2026 · Chapitre 4 sur 8
Le choix des acheteurs

Quand un logement cumule les défauts, son prix doit s’adapter.

Le crédit coûte beaucoup plus cher qu’en 2021. À cela s’ajoutent les travaux, les charges, le DPE et toutes les dépenses qui peuvent arriver après l’achat. Quand un acheteur a plusieurs logements à comparer, ces éléments prennent donc davantage de poids.

Un seul défaut ne suffit pas à condamner un bien. Mais lorsqu’un appartement est sombre, bruyant, mal agencé et qu’il demande en plus des travaux, il doit être moins cher qu’un logement plus simple situé à proximité.

Ce que regarde un acheteur

L’adresse ne suffit pas à elle seule.

La ville et le quartier restent importants, mais l’acheteur regarde aussi la rue, l’étage, la lumière, le plan, les travaux, le DPE et bien sûr le prix.

01 Ville et emplois Emplois, transports, commerces, écoles et nombre d’acheteurs.
02 Quartier et rue Deux rues voisines peuvent déjà se vendre à des niveaux différents.
03 Étage et lumière Exposition, bruit, ascenseur, vue et qualité du plan.
04 DPE et travaux Énergie, rénovation du logement et travaux de copropriété.
05 Prix demandé Le prix doit rester cohérent avec les qualités et les défauts du logement.
Quatre profils

Tous les biens ne réagiront pas de la même manière.

Ce ne sont pas quatre catégories officielles et personne ne peut prévoir précisément le prix de chaque type de logement dans quinze ans. Mais ces quatre situations existent déjà et permettent de comprendre où les écarts pourraient se creuser.

01 Biens exceptionnels

Certains biens resteront très rares.

Une vue exceptionnelle, un hôtel particulier, une terrasse impossible à retrouver ou une adresse très recherchée se comparent difficilement avec un appartement classique.

Même pour un bien rare, le prix reste important. Mais lorsqu’un acheteur cherche précisément ce type de logement, il dispose souvent de peu d’alternatives.

02 Biens recherchés

Les bons appartements devraient continuer à trouver des acheteurs.

Bonne rue, lumière, étage agréable, plan cohérent, peu de bruit, ascenseur lorsqu’il est nécessaire, DPE correct et travaux raisonnables : ce sont des critères simples, mais ils comptent beaucoup lorsqu’un acheteur compare plusieurs logements.

Leur prix ne montera pas forcément. Leur principal avantage peut simplement être de trouver plus facilement un acheteur.

Un bon bien peut donc surtout se distinguer par sa facilité de revente.
03 Défauts qui se cumulent

C’est quand les défauts s’additionnent que l’écart devient important.

Une rue bruyante peut déjà faire hésiter. Ajoutez un rez-de-chaussée sombre, un étage élevé sans ascenseur, un mauvais DPE, un plan compliqué ou 50 000 € de travaux et l’acheteur ne regarde plus le bien de la même manière.

S’il trouve à quelques rues un appartement plus lumineux, mieux agencé et sans gros travaux, il va naturellement le comparer. Le bien qui cumule les défauts doit alors être moins cher pour retrouver des acheteurs.

C’est quelque chose que l’on voit déjà à Paris : deux appartements de même surface dans le même quartier peuvent avoir des résultats très différents au moment de la vente.

04 Certains marchés ruraux

Dans certains secteurs, les travaux peuvent coûter plus cher que ce que la maison vaudra ensuite.

Dans certaines petites communes, les maisons anciennes sont peu chères mais demandent parfois énormément de travaux. Le problème apparaît lorsque le coût total de l’achat et de la rénovation dépasse largement le prix des autres maisons déjà habitables.

C’est exactement le cas étudié dans le chapitre 2 : une maison comparable en bon état vaut autour de 85 000 €, alors que la rénovation étudiée approche 140 000 €.

Dans cette situation, même acheter la maison très peu cher ne suffit pas forcément à rendre le projet intéressant.

À Paris

Plusieurs marchés peuvent exister dans le même quartier.

À Paris, quelques centaines de mètres peuvent suffire à changer beaucoup de choses. Une rue calme, un étage plus élevé ou davantage de lumière peuvent faire une vraie différence entre deux appartements.

C’est pour cela qu’un prix moyen d’arrondissement ne suffit pas pour estimer correctement un logement précis.

Profil 1 Le bien difficile à retrouver Vue, terrasse, adresse ou caractéristiques réellement rares.
Profil 2 Le bon appartement parisien Bonne rue, lumière, étage, plan cohérent et peu de sujets techniques.
Profil 3 Le logement qui cumule plusieurs défauts Bruit, manque de lumière, mauvais étage, DPE faible ou travaux importants.
Un exemple européen

En Italie, les prix ont commencé à baisser plus tôt qu’en France.

La comparaison reste limitée. Selon le scénario central publié par l’Insee en 2026, la population française continuerait encore à augmenter légèrement jusqu’en 2037 avant de commencer à diminuer.

En Italie, l’Istat observe plusieurs baisses trimestrielles des prix des logements à partir de la fin 2011. Sur l’ensemble de l’année 2012, les prix ont baissé de 2,7 % par rapport à 2011.

Cela ne veut pas dire que la France suivra le même chemin. L’Italie montre simplement qu’un pays peut avoir en même temps des villes très recherchées et des territoires où il devient beaucoup plus difficile de vendre certains logements.

Revenus et prix

À la fin, il faut toujours pouvoir financer le logement.

Une donation ou un héritage peut apporter une partie de l’argent nécessaire pour acheter. Mais le patrimoine transmis se partage aussi entre les héritiers et ne remplace pas le revenu, le crédit et la mensualité que l’acheteur peut réellement payer.

L’IGEDD montre que le prix des logements rapporté au revenu disponible par ménage a augmenté d’environ 70 % entre 2000 et 2008. C’est une des raisons pour lesquelles la capacité d’achat des ménages reste une question centrale pour les années à venir.

En vidéo

Aujourd’hui, les acheteurs regardent bien plus que le prix au mètre carré.

Une bonne adresse ne suffit plus toujours. L’étage, la lumière, les travaux, le DPE et le coût du crédit peuvent changer complètement l’intérêt d’un appartement.

Chapitre 5

Pourquoi les héritiers vendent-ils souvent ?

Hériter d’un logement ne signifie pas forcément vouloir y vivre ou pouvoir financer les travaux. Quand plusieurs héritiers doivent décider ensemble, la vente devient souvent la solution la plus simple.

Chapitre 5 sur 8 Pourquoi les héritiers choisissent-ils de vendre ? Lire le chapitre 5 →
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