Immobilier à Paris · Septembre 2026

Taxe sur les logements vacants à Paris : est-ce que les propriétaires vont vraiment relouer ?

Dans son point de juillet 2026, la Ville de Paris estime que près de 10 % des logements de la capitale sont vacants. À partir de janvier 2027, Paris va fortement augmenter leur taxation pour essayer d’en remettre une partie sur le marché. Mais avant de regarder la taxe, il faut comprendre pourquoi certains propriétaires ne louent plus.

Nicolas Jeffs
Agent immobilier à Paris et en Île-de-France
Mis à jour le 15 octobre 2026
Logements vacants à Paris

Pourquoi autant de logements restent-ils vides alors qu’il est si difficile de louer à Paris ?

Certains propriétaires conservent un logement vide dans l’attente d’une décision. D’autres possèdent un bien ancien ou dégradé qui demande des travaux avant d’être reloué. Il faut distinguer ces logements vacants des résidences secondaires meublées, utilisées pour des séjours à Paris et soumises à une fiscalité différente.

Et il y a aussi des bailleurs qui ne veulent plus louer après avoir connu des impayés ou récupéré un appartement dégradé. Pour eux, le problème n’est pas forcément de trouver un locataire. C’est surtout de savoir s’ils ont encore envie de prendre ce risque.

C’est dans ce contexte que la Ville de Paris a décidé d’augmenter la taxe sur les logements vacants à partir de janvier 2027.

À partir du 1er janvier 2027

Paris va passer à 30 % la première année, puis 60 % à partir de la deuxième.

La nouvelle taxe est calculée sur la valeur locative fiscale du logement. La loi prévoit des taux de 17 % la première année et 34 % à partir de la deuxième, mais permet aux communes concernées de les porter à 30 % et 60 %. Paris a choisi d’appliquer ces taux majorés.

La Ville annonce vouloir remettre environ 20 000 logements vacants sur le marché, en poussant leurs propriétaires à les louer ou à les vendre.

Source : Ville de Paris .

Taux prévus par la loi
17 % → 34 %
Taux choisis par Paris
30 % → 60 %
Exemple publié par la Ville de Paris

Un 30 m² vacant dans le 17e pourrait payer 2 800 € de taxe par an à partir de 2028.

30 m² dans le 17e

Dans l’exemple donné par la Ville, le propriétaire payait environ 790 € avant la réforme. Le montant passerait à environ 1 400 € en 2027, puis à 2 800 € à partir de 2028.

Avant Montant estimé avant la réforme ≈ 790 €
2027 Première année d’imposition ≈ 1 400 €
2028 À partir de la deuxième année ≈ 2 800 €

Exemple : Ville de Paris .

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Le propriétaire garde son appartement.

Reprenons le 30 m² utilisé par la Ville. À partir de 2028, ses 2 800 € de taxe représentent environ 233 € par mois.

Pour un propriétaire qui conserve un logement réellement vacant, une taxe équivalente à 233 € par mois suffira-t-elle à déclencher une vente ou une remise en location ? Cela dépend aussi de la valeur du bien et des travaux nécessaires.

Un appartement meublé utilisé pour des séjours occasionnels relève d’une résidence secondaire. Il ne faut donc pas lui appliquer automatiquement le calcul de la taxe sur la vacance. Service Public précise cette distinction.

233 € de taxe par mois

Le propriétaire peut décider de supporter cette dépense en attendant de vendre, de rénover ou de remettre le logement en location.

Nicolas Jeffs, agent immobilier à Paris
Et s’il veut relouer ?

Pour certains appartements, il faut d’abord faire les travaux.

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Le propriétaire remet son appartement en location.

Si le logement est classé G, il ne peut plus être loué avec un nouveau bail d’habitation depuis 2025. Les logements classés F seront concernés à partir de 2028.

Pour un propriétaire qui possède un appartement ancien, la première question peut donc être le montant des travaux nécessaires avant de pouvoir le remettre sur le marché.

S’il faut refaire le chauffage, l’isolation, les fenêtres ou une partie importante du logement et que la facture atteint 30 000 €, le propriétaire peut comparer cette dépense aux 2 800 € de taxe annuelle de notre exemple.

Le rapport entre 30 000 € de travaux et 2 800 € de taxe annuelle est d’environ 10,7. Il compare deux dépenses de l’exemple ; il ne calcule ni le rendement d’une rénovation ni le coût complet d’une vacance prolongée.

Calendrier DPE : Service-Public.fr .

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Le propriétaire décide de vendre.

Dans ce cas, tout dépend de l’acheteur. Le logement peut effectivement sortir de la vacance sans pour autant revenir sur le marché locatif.

L’acheteur vient y habiter

Une vente à un occupant réduit la vacance

Si l’acheteur fait de cet appartement sa résidence principale, le logement est de nouveau occupé. Mais le nombre d’appartements disponibles à la location n’augmente pas.

L’acheteur veut investir

Il va regarder ce que l’appartement peut réellement lui rapporter.

À Paris, il doit tenir compte du prix d’achat, de l’encadrement des loyers, de la taxe foncière, des charges, des travaux éventuels et de la fiscalité.

3,6 % brut Exemple : un appartement acheté ou valorisé 300 000 € et loué 900 € par mois produit 10 800 € de loyers annuels, soit 3,6 % brut avant les dépenses.
La question

Est-ce que cette taxe répond vraiment à ce qui empêche certains propriétaires de louer ?

La hausse de la taxe peut pousser certains d’entre eux à prendre une décision plus rapidement. Il faudra maintenant regarder combien de logements seront réellement remis en location, combien seront vendus et combien resteront vacants malgré la hausse.

Photographie de présentationVidéo de Nicolas Jeffs sur la taxe des logements vacants à Paris
En vidéo

J’en parle aussi en vidéo.

Je reviens sur les logements vacants à Paris et sur les raisons qui peuvent pousser certains propriétaires à ne plus louer.

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À savoir

Tous les logements vides ne sont pas automatiquement taxés.

La réglementation prévoit des situations dans lesquelles la vacance peut être considérée comme indépendante de la volonté du propriétaire. La Ville cite notamment certains logements bloqués par une procédure judiciaire ou une succession, des travaux lourds nécessaires pour rendre le bien habitable ou encore un logement proposé à la vente ou à la location au prix du marché sans trouver preneur.

Source : Ville de Paris .