Primo-accession · Paris

Qui sont les jeunes qui arrivent encore à acheter à Paris ?

On entend souvent qu’il est devenu presque impossible pour un jeune d’acheter à Paris. Pourtant, les primo-accédants restent très présents dans la production de crédit immobilier en France. À Paris, où les prix demandent généralement un budget beaucoup plus important, les revenus comptent évidemment, mais l’apport disponible et l’aide de la famille peuvent faire une énorme différence.

Les données de l’Insee et de la Banque de France permettent de regarder le sujet plus précisément. Les moins de 30 ans continuent à devenir propriétaires et les primo-accédants continuent à emprunter. Mais les données historiques montrent aussi que les différences d’accès à la propriété entre jeunes ménages modestes et aisés se sont fortement creusées.

Nicolas Jeffs
Nicolas Jeffs Agent immobilier à Paris & en Île-de-France Info Immo · Mis à jour le 16 septembre 2026
Jeunes acquéreurs immobiliers à Paris
À Paris, le premier achat dépend beaucoup du revenu, de l’apport et du montant à financer.
Quelques chiffres

Les jeunes sont toujours présents sur le marché immobilier.

Moins de 30 ans · France · 2024 17,2 % des ménages dont la personne de référence a moins de 30 ans détiennent leur résidence principale
Primo-accédants · France · avril 2026 44,9 % de la production de crédits à l’habitat hors renégociations
Ménages modestes · 1973 à 2013 34 → 16 % de propriétaires parmi les ménages de 25 à 44 ans étudiés

En avril 2026, les primo-accédants représentaient 44,9 % de la production de crédits immobiliers hors renégociations en France. Ils représentaient déjà 44,2 % en moyenne en 2025. Les personnes qui achètent leur résidence principale pour la première fois restent donc très présentes parmi les nouveaux emprunteurs. Cela ne signifie évidemment pas que tous ces achats sont réalisés par des jeunes ni qu’ils achètent à Paris.

Les moins de 30 ans continuent à devenir propriétaires

Début 2024, 17,2 % des ménages dont la personne de référence avait moins de 30 ans détenaient leur résidence principale en France hors Mayotte. En 2021, la proportion était très proche, autour de 17 %.

Du côté du crédit immobilier, les primo-accédants représentaient 44,9 % de la production de crédits à l’habitat hors renégociations en avril 2026, après 44,2 % en moyenne en 2025.

Ces données sont nationales. Elles ne nous disent donc pas combien de jeunes achètent spécifiquement à Paris. Elles montrent en revanche que le premier achat reste une partie importante du marché du crédit immobilier français.

Les différences apparaissent surtout quand on regarde les revenus

Une étude de la Banque de France portant sur les ménages de 25 à 44 ans permet de regarder l’évolution sur quarante ans. En 1973, 34 % des ménages modestes de cette tranche d’âge étaient propriétaires, contre 43 % des ménages aisés. L’écart était alors de neuf points.

En 2013, la proportion était tombée à 16 % chez les ménages modestes alors qu’elle atteignait 66 % chez les ménages aisés. L’écart était donc passé à cinquante points.

1973
Ménages modestes 34 %
Ménages aisés 43 %
2013
Ménages modestes 16 %
Ménages aisés 66 %

Source : Banque de France. Ces données portent sur les ménages de 25 à 44 ans entre 1973 et 2013. Elles permettent de mesurer une évolution historique et ne décrivent pas directement la situation des jeunes ménages en 2026.

Cette étude montre surtout que l’accès à la propriété s’est beaucoup plus différencié selon le niveau de vie au cours de la période étudiée.

L’apport peut changer complètement le budget d’achat

Deux jeunes ménages qui gagnent le même salaire peuvent avoir des capacités d’achat très différentes. Si l’un dispose déjà de 80 000 € d’apport et l’autre de 10 000 €, le montant qu’ils devront emprunter ne sera tout simplement pas le même.

À Paris, cette différence compte particulièrement parce que les prix restent élevés. Quelques dizaines de milliers d’euros d’apport supplémentaires peuvent permettre d’acheter une surface plus importante, de réduire le montant du crédit ou de rendre finançable un projet qui aurait été trop juste sans cet apport.

L’aide de la famille compte aussi

Les travaux de la Banque de France montrent également le rôle de la famille dans l’accès à la propriété. Dans les données historiques étudiées, quatre propriétaires récents sur dix avaient bénéficié d’une aide familiale, qu’il s’agisse d’un don, d’un héritage ou d’une autre forme d’aide.

Pour un achat immobilier, cette aide peut permettre de constituer ou de compléter l’apport, et donc de réduire le montant à emprunter.

Ces quatre propriétaires sur dix ne correspondent pas à 40 % des primo-accédants de 2026 recevant une donation pour acheter. Il s’agit d’une donnée historique de la Banque de France qui regroupe différentes formes d’aide familiale.

À Paris, l’écart peut rapidement devenir important entre un ménage qui doit financer presque tout son achat par le crédit et un autre qui dispose déjà d’un capital familial au moment de son premier achat.

Le crédit demande aussi davantage d’effort qu’il y a vingt-cinq ans

Un rapport du Sénat publié en 2025 reprend une estimation selon laquelle, au premier trimestre 2025, le pouvoir d’achat immobilier était inférieur de 26 % à celui de 2000, toutes choses égales par ailleurs.

Le même rapport indique qu’un primo-accédant devait s’endetter sur environ vingt-trois ans pour acheter le même logement, contre quinze ans en 2000.

Pouvoir d’achat immobilier −26 %

au premier trimestre 2025 par rapport à 2000, toutes choses égales par ailleurs, selon les données reprises par le Sénat

Durée de financement ≈ 23 ans

pour acheter le même logement, contre environ 15 ans en 2000

Pour beaucoup de jeunes acheteurs, cela peut conduire à acheter plus petit, à chercher plus loin de Paris, à emprunter plus longtemps ou à mobiliser davantage d’apport. Plusieurs de ces choix peuvent évidemment se cumuler.

Et le PTZ ?

Le prêt à taux zéro peut aider certains primo-accédants lorsque leur projet respecte les conditions du dispositif. Il permet de financer une partie de l’achat sans intérêts et peut donc faciliter le montage du crédit.

À Paris, le niveau des prix reste toutefois déterminant. Il faut encore financer le reste du logement, les frais d’acquisition et éventuellement les travaux. Les revenus, l’apport et le montant que la banque accepte de prêter restent donc essentiels.

Patrimoine

Les transmissions familiales vont aussi compter dans les prochaines années.

Une part importante du patrimoine français est aujourd’hui détenue par les générations les plus âgées. À partir des données Insee de 2024, on peut estimer que les ménages dont la personne de référence a 65 ans ou plus détiennent près de 40 % du patrimoine brut des ménages français.

Au fil des successions et des donations, une partie de ce patrimoine va progressivement changer de génération. Pour certains ménages plus jeunes, cela pourra prendre la forme d’un logement, d’une donation ou d’un capital qui pourra notamment servir d’apport pour un achat immobilier.

Cela ne concernera évidemment pas tous les jeunes de la même manière. Certains devront constituer seuls leur apport tandis que d’autres pourront bénéficier d’un patrimoine familial. Cette différence peut peser lourd dans une ville comme Paris où le montant nécessaire pour acheter reste élevé.

Le sujet est développé dans La Grande Transmission , avec notamment le chapitre consacré au vieillissement de la population et celui qui regarde les moyens financiers des futurs acheteurs .

En vidéo

Qui sont les jeunes qui arrivent encore à acheter ?

J’y reviens sur les revenus, l’apport, l’aide familiale et les différences entre les jeunes ménages qui parviennent aujourd’hui à devenir propriétaires.

À Paris

Alors, qui arrive encore à acheter ?

Il n’y a pas un profil unique. Certains jeunes achètent avec des revenus élevés, d’autres disposent déjà d’un apport important et certains bénéficient d’une aide familiale. Dans beaucoup de dossiers, plusieurs de ces éléments peuvent se cumuler.

Les statistiques nationales montrent que les primo-accédants restent très présents dans le crédit immobilier. Elles ne signifient pas pour autant que l’accès à la propriété est simple à Paris, ni que tous les primo-accédants sont jeunes.

Pour un jeune ménage qui dispose de revenus plus modestes et de peu d’épargne, Paris devient rapidement difficile lorsque presque tout le prix doit être financé par le crédit. À revenus identiques, l’apport disponible peut donc changer fortement le projet réalisable.

Votre projet immobilier

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Je peux regarder avec vous le prix du secteur, les ventes autour de l’adresse et les caractéristiques du bien afin de partir sur une base cohérente.